Diversité des cultures au Laos: un état des lieux (Partie 2)

D’après un recensement officiel datant de 2005, le Laos compte environ 49 groupes ethniques différents avec au moins 240 sous-groupes, qui sont catégorisés soit en fonction de leur habitat, soit en fonction de leur langue. La division des populations par habitat dépend de l’altitude à laquelle elles vivent. Nous retrouvons dans cette catégorie les Lao Loum (lao des plaines), les Lao Theung (lao des collines) et les Lao Sung (lao des montagnes). La classification par famille ethnolinguistique est divisée entre les Lao-Tai, les Mon-Khmer, les Hmong-Mien et les Chinois-Tibétain.


Comme dans l'article précédemment publié à ce sujet, nous nous concentrons sur l'état des lieux des cultures et traditions des familles ethnolinguistiques, en se concentrant sur les ethnies particulières, souvent minoritaires, pour chaque famille ethnolinguistique présentée.

Cet article s'intéresse aux Mon-Khmer, la population la plus ancienne du Laos et les Hmong-Mien, la population la plus récente du Laos.


Les Mon-Khmer, la population la plus ancienne du Laos


Les Mon-Khmer est la famille ethnolinguistique du Laos qui regroupe le plus d’ethnies. Elle est composée de 47 ethnies, telles que les Khamu, les Lamet, Les Taoy, les Makong, les Katang, les Katu, les Sadang, etc. Ils représentent environ 30% de la population et sont considérés comme les populations indigènes du Laos. Les ethnies qui composent la famille des Mon-Khmer est assez homogène comparée aux ethnies qui composent les autres familles ethnolinguistiques. À l’exception des Lamet, ou de quelques autres, toutes les ethnies soit parlent le Khamu, soit ont des traditions quasi similaires à l’ethnie Khamu.


Les ethnies Mon-Khmer sont souvent animistes et shamanistes. Ils croient aux esprits de la nature, à l’existence d’un puissant esprit créateur habitant le ciel ou aux génies. Il y a aussi un certain nombre de catholiques au sein des mon-khmers, notamment dans les ethnies Khamu ou Thaï Deng.

On nomme souvent les Mon-Khmer comme étant des « kha », qui est un terme péjoratif qui signifie « esclave » ou « serviteur » car ils ont servi de main d’œuvre aux populations immigrés thaï il y a plusieurs siècles, et plus récemment, durant la monarchie lao.


Leurs villages sont installés près des cours d’eau supérieurs. Ils sont moins grands que ceux des Lao-Tai. Leurs maisons sur de courts pilotis, sont couvertes par un épais toit de chaume. Il n’y a habituellement pas de fenêtre ni de mobilier. Les villages sont parfois nomades et ont un sens de la communauté très fort. Ils n’ont pas forcément de structure hiérarchique au sein de leur société. Ils ont toujours eu un chef de village dont le rôle n’a jamais été très clair.


Du côté de l’agriculture, ils pratiquent principalement de la culture du riz sur brûlis et boivent de la bière de riz. Ils ne se servent pas beaucoup d’outils métalliques. Ils cultivent aussi du café, du tabac et du coton.


Les Mon-Khmers sont souvent associés aux Lao Theung, c’est-à-dire aux Lao des collines. Les Mon-khmers, vivant dans les collines, ont parfois intégré la langue et la culture des Lao-Tai et s’engagent dans des relations commerciales avec eux, ce qui n’est pas toujours le cas des ethnies des autres familles ethnolinguistiques. D’ailleurs, il y a de plus en plus de mélanges entre les Lao-Tai et les Mon-Khmer. La plupart de ceux qui vivent à proximité des Lao-Tai se sont convertis au bouddhisme Theravada ou au christianisme.


Les Katu, une des ethnies minoritaires Mon-Khmer, vivent au Sud du Laos et ont conservé un grand nombre de leurs traditions culturelles. Leurs villages sont entourés d’une haie faite de troncs d’arbres avec une porte d’entrée et une porte de sortie. Au

milieu du village, on trouve une maison commune plus grande que le reste des habitations. La majorité des villages Katu continuent à vivre de la culture du riz de montagne selon le procédé de la culture sur brûlis. En dehors du riz, les Katu plantent aussi du maïs, des patates, du manioc, des fruits. Ils élèvent aussi plusieurs animaux.



Une des traditions des Katu est la cérémonie annuelle du sacrifice du buffle pendant la pleine lune de mars afin de rendre hommage aux esprits du village pour qu’ils protègent et bénissent la communauté. Lors de cette cérémonie, les hommes du village portent des masques, des lances et des boucliers en bois, et dansent autour des buffles dans le centre du cercle formé par l