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Formation mission Handicap à VIENTIANE et PAKSÉ


Vientiane


N’ayons pas peur des mots. La première semaine de formation à Vientiane, s’est déroulée à merveille.

Lundi, accueil et visite du centre. Premiers contacts aussi avec les éducatrices et les enfants. Dès l’après-midi, le travail proprement dit a commencé : études de cas et de situations présentées par les éducatrices. Chaque fois, un groupe d’enfants était concerné. Jusqu’au jeudi inclus, nous avons travaillé sur ce mode. Nous nous sommes attachés à montrer l’intérêt d’une communication adaptée dans un environnement simplifié, structuré et prévisible.

Soyons honnêtes, le mercredi, petite pause et détente. Enfin presque. Après une visite dans une école primaire qui accueille en inclusion des enfants du centre, et un détour au club sportif, nous nous sommes transformés en touristes… visite du Bouddha Park, Pha That Luang…

Le vendredi à été un jour d’apothéose : Dans un centre de congrès réservé pour nous, nous avons animé pour les professionnelles et les parents (quarante personnes) un atelier consacré aux bases de l’accompagnement pour les enfants et adolescents autistes en vue d’une autonomie maximale. Le programme indiquait la fin des travaux à 15h30. Nous sommes partis à 17h30…

Inutile de préciser que, tout au long de la semaine, nous avons été accueillis comme des princes. Il va sans dire aussi que rien n’aurait été possible sans la participation active et éclairée de Manivanh qui, une fois encore, a été bien plus qu’une interprète. Maintenant, repos (bien mérité), demain, voyage à Paksé. Et lundi tout recommence.





Pakse


La première semaine de formation autisme à Vientiane s’est déroulée à merveille. La seconde à Paksé a été magique.

Pour commencer, du lundi au mercredi, Antoine Perdu nous a accompagné et nous n’avons pas manqué de profiter de ses lumières dans le domaine de la surdité. La semaine a commencé par une surprise de taille : nous avons été accueillis par Léa Khamtay, le directeur, plus deux membres du conseil d’administration et Monsieur Boum Nang, le directeur du « projet ». Présentation du centre, les enfants, le personnel… jusque là, rien d’anormal.

Il a été question ensuite de ce mystérieux projet. Certains se souviennent peut-être de mon intention en 2015, quand j’ai commencé ces formations, de faire dans les écoles, les services pédiatriques… une sorte de dépistage et repérage des enfants souffrant d’un handicap ou d’un trouble cognitif. Le but était de participer à la mise en place d’un dispositif spécifique d’accompagnement pour ces enfants. Devant l’ampleur de la tâche j’ai vite renoncé. Quand j’ai parlé à Annabel des centres pour enfants autistes au Laos et de ce que j’y faisais, elle a tout de suite pensé que nous devions élargir notre champ d’action et nous adresser à tout le secteur de l’enfance en difficulté.

Et c’est là que nous avons appris qu’un projet est en cours de réalisation dans les environs de Pakse. Il concerne dix villages, donc dix écoles. Dans chacun de ses villages un éducateur ou une éducatrice vient seconder l’enseignant pour assurer l’inclusion dans l’école des enfants qui ont été préalablement repérés par ces mêmes éducateurs ayant reçu une formation spécifique pour l’accompagnement des enfants handicapés. Ils commencent à peine et ils ont aujourd’hui en charge quinze enfants. En somme, dans l’établissement de Pakse on a lu dans nos pensées et on a réalisé ce que nous n’avons pas su faire.

Les jours suivants, nous avons rencontré les trois équipes d’éducatrices autour des difficultés qu’elles rencontraient. Nous avons aussi reçu les parents qui le souhaitaient. Notre propos était, chaque fois de renforcer l’alliance parents-professionnelles dans les attitudes éducatives afin que l’enfant retrouve les mêmes règles et les mêmes pratiques chez lui et au centre. Nous avons pu mesurer aussi que, encore plus que chez nous, ces familles qui ne peuvent compter que sur elles mêmes, vivent des situations de détresse inimaginables. Et, le vendredi après-midi, retour au « projet » avec une sensibilisation express à la méthode TEACCH (1) pour les dix éducateurs et éducatrices. Pour conclure cette semaine, repas convivial le soir avec l’ensemble de l’équipe. Et toujours et à chaque instant, l’irremplaçable Manivanh que nous ne remercierons jamais assez. Ajouté au compte-rendu de la première semaine, voilà un compte-rendu de la quinzaine de formation-autisme. Nous n’avons cependant pas vraiment terminé. Vous pourrez lire bientôt, « les enseignements de la formation », et pour finir, l’ébauche de quelques pistes que nous allons essayer de débroussailler. Mais, aurons nous jamais fini ?



Les enseignements de la formation


Au cours de cette quinzaine, nombreuses et instructives furent les rencontres. Nous avons dédié une grande partie de notre remps à des entretiens avec les éducatrices et les parents consacrés à l’exploration clinique exclusive d’un cas particulier. C’est une chose acquise maintenant. Il n’est pas possible en effet d’aborder l’autisme sur un mode collectif, groupal. Seule est valable l’approche individuelle avec des attitudes et des outils adaptés à chacun. Il y a eu aussi plusieurs temps forts. À Vientiane, ce fut l’atelier du vendredi qui a réuni les professionnelles et des parents pendant toute la journée. Nous y avons décrit les bases et les processus fondamentaux de la méthode TEACCH qui, pour nous, est un instrument essentiel et facile à utiliser. Plutôt que de longs discours, nous avons montré par des mises en situation comment s’y prendre. Jacques était l’enfant autiste, et Annabel jouait le rôle de l’éducatrice. À cette occasion Jacques a pu découvrir ses talents d’acteur. Cette présentation vivante a certainement suscité beaucoup d’interventions et de questions dans notre public (quarante personnes). La salle était réservée jusqu’à 15 heures 30. À 17 heures 30 nous y étions encore. À Paksé, forts de cette première expérience, nous avons émaillé nos entretiens de petits jeux de rôles afin de mieux illustrer nos propositions.

Et le vendredi après-midi, avec les dix éducateurs et éducatrices, le temps étant compté, nous avons présenté sous cette forme express les bases de l’intervention éducative TEACCH. À l’avenir, nous pratiquerons sur ce même mode. Finalement, comme avec les autistes, il vaut bien mieux montrer qu’expliquer. En outre, l’information visuelle effondre en grande partie la barrière de la langue. Ceci dit, nous ne sommes pas près de nous passer de l’accompagnement de Manivanh.




Nous revenons satisfaits de ces deux semaines de formation au Laos. Nous avons l’impression d’avoir fait du bon travail. C’est sûrement là notre erreur. Certes, nous avons bien expliqué, nous avons été parfaitement traduits, nous avons été bien compris…

Mais la relation avec une personne autiste est tellement hors norme, tellement étrangère à nos habitudes, que cela exige une concentration de chaque instant et, si possible, un entraînement permanent. En effet privilégier l’information visuelle et bannir l’échange verbal est pour nous, neurotypiques, tout à fait contre nature. C’est encore plus vrai au Laos où la tradition orale est prédominante, au détriment de l’écrit.

Nous pouvons donc craindre que les effets de cette formation ne durent pas très longtemps. Comme pour le virus, il va falloir imaginer des piqûres de rappel. Impossible de retourner au Laos tous les deux ou trois mois. Il nous faudra donc recourir aux services d’internet. Mais là aussi, les obstacles sont nombreux : la langue d’abord, le décalage horaire, la fracture numérique car au Laos, tout le monde n’a pas accès à Internet… il faut aussi compter avec la disponibilité de chacun et en même temps maintenir une bonne fréquence d’échanges (six ou sept semaines, ce qui nous permettrait de nous caler sur les vacances scolaires). Nous pensons là à une formule « groupe Balint » (2) qui impliquerait le concours actif de Manivanh.

À côté de cette option « grand luxe » nous pouvons aussi imaginer des échanges par mail avec l’aide de Google Translate. Ce sera plus laborieux, moins efficace, mais plus facile à mettre en œuvre. Si quelqu’un a des idées, nous sommes preneurs évidemment. Enfin il y a aussi la possibilité de multiplier les séquences de formation en élargissant notre panel d’intervenants. Cela suppose de constituer une équipe soudée qui fonctionne sur les mêmes bases et qui communique intensément.


Pas simple tout ça. Arrêtons nous là, provisoirement.


Annabel et Jacques



(1) 1 La méthode TEACCH donne aux enfants avec un trouble du spectre de l’autisme la possibilité d’apprendre dans un cadre d’éducation structuré. Elle a pour but de développer l’autonomie de chaque enfant par la structuration et la compréhension


(2) C’est la rencontre d’un groupe de soignants supervisés par un leader de formation psychanalytique dans le but d’améliorer la relation soignant-soigné en explorant la dimension inconsciente de cette relation.

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