Voyage atypique au Laos
- 4 août
- 6 min de lecture
Depuis plusieurs années, mon mari et moi-même avions le projet de découvrir l’Asie du sud-est. Où aller ? Une rencontre avec PEMM au cours de l’automne 2025 nous donne la réponse !

Nous allons partir au Laos. La discussion que nous avons eu avec Jean-Michel Courtois et Valérie Lagrange nous a convaincu. Ils nous ont expliqué les objectifs de l’ONG. Participer à la solidarité Internationale en effectuant un voyage solidaire qui va nous permettre de découvrir notamment les villages du nord du Laos, en soutenant l’action de PEMM en matière de santé.
Problème ?! Nous n’appartenons pas au monde médical… Comment faire ? C’est alors que Jean-Michel Courtois nous confie un ordre de mission. Celui-ci nous permet de transporter du matériel médical léger de France au Laos, tel qu'un pèse-bébé, pansements, médicaments de base, brosses à dents, dentifrices, etc. que nous devons apporter dans les différents lieux où PEMM mène ses missions.
L'organisation du voyage avec souvenir du Laos
L’organisation matérielle du voyage (réservation des lieux ou nous allons dormir, réservation d’un moyen de transport pour faciliter le déplacements, guide francophone, etc.) sera assurée par l'agence de voyage “ Sourire du Laos” créé par Léo et Cléo, basée à proximité de Luang Prabang et dont les valeurs morales sont proches de celles de PEMM. Rencontrer - respecter - être utile.
Nous arrivons le 2 janvier 2026 à la Sabaidee Guesthouse à Luang Prabang (LPB). Nous faisons tout de suite la connaissance de Noémie et Maïna, les deux service civique au sein de l'association. Nous leur confions le pèse-bébé qui est destiné à aller sur le Mobile Boat Clinic puis nous nous rendons avec elles et Cloé (qui parle lao) au centre de Sourds Muets de Luang Prabang.
Le centre de Sourds et Muets de Luang Prabang
La mission de PEMM y a évolué. Au départ, il s’agissait de venir en aide à des jeunes malentendants pour leur apprendre à lire et à écrire en langage des signes (ce qui est toujours le cas) mais désormais le centre accueille également des jeunes gens et des jeunes filles qui ont été abandonnés et souvent maltraités. Le centre est tenu par des sœurs. Il leur apporte le gîte et le couvert. Ils y sont soignés et apprennent un métier. La couture pour les filles, la mécanique pour les garçons ainsi que des cours d'informatique et d’anglais. Avant de partager un repas avec eux, nous offrons à chacun des couvertures et du “petit” matériel solidaire (tels que des cahiers, crayons, couvertures) que nous avons acheté sur place sur l'un des marchés de LPB ainsi que que brosse à dents et dentifrices apporter dans nos bagages.

Par l'intermédiaire de Cloé, nous pouvons échanger avec la religieuse qui s’occupe du centre. Elle nous explique leur vie quotidienne…
C'était émouvant de se rendre compte combien ces jeunes que nous n'aurions sans doute pas côtoyés dans un autre contexte semblaient résiliant ! …
La découverte des villages
Notre mission ne s'arrête pas là ! Nous devons nous rendre au village de Khôkka où PEMM œuvre de manière très efficace.
Ce petit village se trouve au bord du Mékong, à plusieurs centaines de kilomètres de Luang Prabang. Un périple de plusieurs jours avant d’arriver à notre destination va nous permettre de découvrir un Laos plus “rural”. A cette occasion, nous ferons diverses expériences telles que la découverte de la culture du riz, du tissage à la main, etc.
Nous faisons une halte à Ban Thapene, petit village sur notre route (où se trouve l’agence de Cloé et Léo). Là, nous découvrons que la petite infirmière où PEMM avait mis à disposition en 2024 une médecin bénévole pour une formation aux gestes de premiers secours … nous prenons peu à peu conscience que la situation sanitaire au Laos est précaire.
Encore quelques jours de route (plutôt chaotique, l'état des routes nous interroge !). Nous découvrons un Laos très agricole, où se cultivent à la main non seulement le riz, mais aussi toutes les sortes de fruits et de légumes.
Nous arrivons à Pakbeng ! C’est dans cette petite bourgade très animée que nous allons prendre le bateau pour remonter une petite partie du Mékong jusqu'à Khôkka.
Le village du Khôkka
Ce petit village est très isolé. C’est cependant ici que PEMM, sous l’impulsion de Jean-Michel Courtois (avec une équipe de bénévoles) a aidé à électrifier un dispensaire.
A notre arrivée, nous faisons le tour du village qui possède malgré tout des petites échoppes où les habitants trouvent les produits de première nécessité. Dans ce village comme partout au Laos, les habitants et les animaux de la basse-cour vivent ensemble.
Le directeur du dispensaire, Monsieur Dong Wai, nous reçoit. Il est natif de Khôkka. Il y vit avec sa femme et sa sœur. Ses deux fils vivent en ville. Ils n’ont pas pris la relève ! Au Laos la médecine n'est pas très lucrative…

Il nous montre le dispensaire qui se compose d’une salle de consultation, une salle d’accouchement pourvue désormais d’un échographe, (c’est un grand luxe !) et une salle pour convalescents. Il y a seulement quelques lits qui ne sont pas très confortables et le directeur nous dit qu’il aimerait en avoir davantage pour accueillir plus de patients. Dans l’ensemble, le confort est plutôt précaire.
Quel est son quotidien ? En plus de prendre soin des habitants de Khôkka, il va à pied dans les villages (encore plus isolés que Khôkka) pour notamment vacciner contre la dengue (maladie transmise par les moustiques), soigner le paludisme, les maladies infantiles entre autres… Cependant, lorsque quelqu’un est très malade, la personne est emmenée par speed boat pour être redirigée soit à Pakbeng, soit au plus grand hôpital d’Oudomxay (si la personne peut se le permettre financièrement).
Lorsque Jean-Michel Courtois vient, il accompagne le technicien de PEMM, Ly PHONGUELY, qui vérifie si ce qu’il a fait faire en matière d’eau, électricité fonctionne car il arrive que les pompes soient en panne.

Quant à nous, avant de partir nous laissons à Kkôkka à nouveau des couvertures pour les gens du village qui en ont le plus besoin, du petit matériel scolaire, des pansements, brosses à dent et dentifrices pour les enfants.
Cette immersion au cœur du Laos nous fait prendre conscience, d’une part, que les habitants vivent dans des conditions sanitaires précaires et que la mise en place du Mobile Boat Clinic est indispensable pour assurer un meilleur suivi médical de ces populations isolées.

Nous sommes admiratifs du courage et de l’investissement dont fait preuve le directeur de ce dispensaire ainsi que des personnes qui lui viennent parfois en aide (tel qu'infirmier ou médecin en cours de formation…)
La fin de notre séjour approche. Nous rentrons à Luang Pranbang en bateau sur le Mekong.
La visite de l'hôpital pour enfants de LPB

Avant de partir nous retrouvons Noémie (service civique). Elle nous accompagne pour nous permettre de visiter une partie de l'hôpital pour enfants malades de Luang Prabang.
Nous sommes accueillis par le directeur du développement de l'hôpital Pierre Boismard.
C’est tout autre chose que le dispensaire de Khôkka !
Cet hôpital est intégré dans un grand complexe hospitalier financé par une ONG américaine et japonaise. Le management reste cependant indépendant. Les consultations y sont gratuites pour les enfants de moins de quinze ans.
L'hôpital emploie huit à neuf pédiatres, une trentaine de généralistes, une nutritionniste. Au total, 200 personnes y travaillent à plein temps. A noter qu’une salle pour les prématurés a été aménagée. Les mères apprennent à récupérer leur lait, qui est ensuite congelé et donné aux enfants. De plus, l'hôpital est spécialisé dans le traitement de certaines maladies pédiatriques.
Quant aux parents qui doivent rester longtemps, des “cuisines” et dortoirs sont à leur disposition. La nourriture est payée par l'hôpital.
Quelles sont les maladies les plus fréquemment rencontrées et comment sont-elles traitées ?
Le directeur nous explique que les maladies les plus fréquemment rencontrées sont les grippes, les problèmes respiratoires (pollution), la dengue, plus rarement le paludisme.
Quant aux cas de rougeoles, ils ont explosé en 2025 car la vaccination est refusée par certaines ethnies.
A noter que le sida, bien présent au Laos, est une question complètement tabou. Il s’agit d'éduquer les parents pour leur faire comprendre que c’est une maladie qui se soigne.
L'hôpital envoie autant que possible les médecins suivre des formations en Thaïlande par exemple afin qu’ils se spécialisent dans le traitement de certaines maladies. Par contre, à leur retour, ils doivent transmettre ce qu'ils viennent d’apprendre aux autres médecins en fonction de leur spécialité. Quant aux cancers, ils espèrent pouvoir en traiter à l'avenir.
En général les patients qui sont reçus viennent le plus souvent des hôpitaux des districts qui n’ont pas pu les soigner.
Avant de partir, nous laissons des albums destinés aux enfants qui pourront les consulter à la bibliothèque sur place.
Réflexion sur le voyage
Si nous n'avions pas rencontré PEMM, nous serions sans doute allés au Laos, mais notre voyage aurait été “classique” plutôt qu'atypique. Grâce à cette façon plus humanitaire de voyager, nous avons pu être plus fréquemment au contact de la population et nous nous rendons compte de tous les problèmes sanitaires et humains auxquels ce pays doit faire face !
Les français vivant là-bas nous ont également guidé et ont répondu autant que possible aux questions que l’on pouvait se poser. Et bien sûr, notre guide lao a été très précieux.

Ce n’est pas pour autant que l’on puisse dire que l’on connaît bien le Laos. Sans doute y retournerons-nous un jour en renouvelant l'expérience du voyage humanitaire qui nous a obligé à sortir de notre “ zone de confort ”.
Evelyne Fournel




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