Formation en kinésithérapie au Laos : introduire une pratique encore peu développée
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Du 30 mars au 3 avril 2026, une formation en kinésithérapie a été organisée à l’hôpital de district de Nga, au Laos. Pendant cinq jours, dix soignants ont découvert et expérimenté les bases d’une discipline encore très peu développée au Laos.
Dans un contexte où il n’existe pratiquement pas de kinésithérapeutes dans le pays, cette formation répond à un double enjeu : transmettre des gestes utiles au quotidien, mais aussi faire connaître l’intérêt de cette pratique auprès des soignants et, plus largement, de la population.
Kinésithérapie au Laos : une pratique encore peu présente, mais des besoins bien réels
Dans les zones rurales du Laos, les douleurs liées au travail sont fréquentes : port de charges lourdes, travail agricole, gestes répétitifs. Les douleurs du dos, des épaules ou des genoux font partie des motifs de consultation réguliers.
Pour autant, la prise en charge repose essentiellement sur des traitements médicamenteux ou du repos, faute d’alternatives connues ou disponibles. La kinésithérapie, qui pourrait pourtant jouer un rôle important dans la gestion de ces douleurs et dans la prévention, reste largement absente du système de soins.
Apprendre des gestes simples et reproductibles
La formation s’est concentrée sur des techniques accessibles, directement applicables dans les conditions locales :
Identification des douleurs musculo-squelettiques les plus fréquentes,
Techniques de mobilisation et de massage,
Exercices de renforcement et de rééducation,
Prise en charge de situations comme les lombalgies, les douleurs cervicales ou les atteintes de l’épaule.
L’accent a été mis sur la pratique, avec de nombreux temps d’entraînement entre participants et sur des patients. Au total, plusieurs dizaines de personnes ont pu être prises en charge au cours de la semaine.
Une visite à domicile a également été réalisée auprès d’un patient présentant une hémiplégie suite à un AVC. Suivie tout au long de la formation, elle a permis d’illustrer concrètement l’intérêt d’un accompagnement dans la durée.
Montrer concrètement ce que la kiné peut apporter
Au-delà de l’apprentissage technique, la formation avait aussi pour objectif de faire évoluer les représentations.
Pour beaucoup de participants, il s’agissait d’une première approche de la kinésithérapie. Les démonstrations et les consultations ont permis de rendre visibles des effets souvent rapides : amélioration de la mobilité, diminution de certaines douleurs, meilleure compréhension des exercices à proposer aux patients.
Ces éléments sont essentiels dans un contexte où la discipline est encore peu connue. Ils permettent aux soignants d’envisager d’autres approches dans leur pratique, et de relayer ces méthodes auprès des patients.
Un premier pas à inscrire dans la durée
Les retours des participants sont très positifs, en particulier sur l’aspect concret de la formation. Beaucoup indiquent vouloir intégrer ces techniques dans leur pratique quotidienne, en complément des soins habituels.

Cette appropriation reste progressive et dépendra aussi des moyens disponibles dans les centres de santé, ainsi que du temps que les soignants pourront y consacrer.
L’enjeu, pour les prochaines missions, sera de poursuivre ce travail : approfondir les techniques, accompagner leur mise en œuvre sur le terrain, et continuer à sensibiliser à l’intérêt de la rééducation fonctionnelle.
Cette formation constitue une première étape dans l’introduction de la kinésithérapie dans le district de Nga. Elle s’inscrit dans une démarche plus large, visant à diversifier les approches de soin et à mieux répondre aux besoins liés aux conditions de vie et de travail des populations locales.
Le compte-rendu détaillé de la mission est disponible en pièce jointe pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus.
Merci au Docteur Guillaume Kunkel pour son implication et sa motivation.
Maïna Reslinger












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