Le Khène, un souffle musical au coeur de l'identité lao
- 20 juil.
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Le Khène (ແຄນ) est un instrument traditionnel essentiel de la culture lao. Plus qu'un simple instrument. Il représente un symbole d'identité, de transmission et de mémoire du peuple Lao.
Transmis de génération en génération, le son du Khène accompagne les fêtes, les cérémonies, les rencontres entre communautés et les moments importants de la vie quotidienne. Pour beaucoup de Lao, entendre le son du Khène, c'est retrouver un souvenir, une origine et un lien avec leur histoire.

Le Khène, un symbole de l'accueil et des traditions lao
Une ancienne citation populaire lao dit : " Celle/Celui qui habite dans une maison sur pilotis, mange du riz gluant et joue du Khène est un véritable Lao."
Depuis longtemps, les Lao cultivent un lien profond avec la musique et les chants traditionnels. Le Khène accompagne les moments de partage et reflète les valeurs du peuple lao, comme la générosité, la solidarité et la convivialité.
Avant, lorsqu’un visiteur arrivait dans un village ou une maison, il était accueilli chaleureusement au son du Khène et invité à partager un repas. Cette tradition témoigne de l’importance de l’accueil dans la culture lao.
Un instrument au son unique

Le Khène est un orgue à bouche composé de plusieurs tuyaux en bambou de différentes longueurs, reliés à un réservoir en bois dur. Le musicien fait circuler l'air en soufflant ou en aspirant ce qui fait vibrer les anches libres en cuivre et produit un son unique.
Pour jouer du Khène, le musicien souffle dans l’instrument tout en utilisant ses doigts ouvrir et fermer les trous pour créer des sons profonds et expressifs.
Présent depuis des siècles au Laos, le Khène a évolué au fil du temps pour devenir l’instrument que l’on connaît aujourd’hui.
Le khène existe en plusieurs tailles, déterminées par le nombre de tuyaux qu’il possède. Les modèles les plus courants sont : Khène 6 avec 12 tuyaux (6 paires), Khène 7 avec 14 tuyaux (7 paires) , Khène 8 avec 16 tuyaux (8 paires), Khène 9 avec 18 tuyaux (9 paires). Parmi eux, le Khène 8 est le plus utilisé, car il offre une gamme de notes plus complète et permet d'interpréter un répertoire plus varié.
Le Khène, une voix qui dialogue avec la musique
Au Laos, les chants traditionnels notamment le Lam (ລຳ) et le Khab (ຂັບ) prennent vie grâce au son du Khène. Le Khène dialogue avec la voix du chanteur, il lui répond, accompagne ses paroles, souligne les émotions et crée un véritable échange entre la voix et la musique.

Cette pratique, appelée "Kane èo Khène" (ການແອ່ວແຄນ), unit le chant et le jeu du Khène depuis des générations. Le chanteur est appelé Mo Lam (ໝໍລຳ) dans le sud du Laos et Mo Khab (ໝໍຂັບ) dans le nord, tandis que le musicien qui joue du Khène est nommé Mo Khène (ໝໍແຄນ).
Du nord au sud du pays, le son du Khène fait résonner les histoires, les émotions et les traditions du peuple Lao.

Autrefois, le Khène était principalement joué par les hommes. Aujourd'hui, cette tradition évolue, car de plus en plus de jeunes filles apprennent à jouer du Khène et participent à la transmission de cet instrument emblématique de la culture lao.
Le Khène, un patrimoine reconnu par l’UNESCO

En 2017, la musique du Khène a été inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Cette reconnaissance internationale souligne la valeur exceptionnelle d’un savoir-faire transmis de génération en génération et l’importance de préserver cet héritage pour les générations futures.
Transmettre le Khène aux nouvelles générations

Le Khène continue aujourd’hui de vivre grâce à ces nouvelles générations qui souhaitent découvrir et préserver cette tradition musicale lao. Apprendre à jouer du Khène, c’est participer à la transmission d’un héritage culturel riche en histoire et en émotions.
Pour celles et ceux qui souhaitent apprendre le Khène gratuitement, des cours sont proposés au centre Laomusic Danxang et au Sala Sujipuli.
Souphaphone XAYASONE




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