Le déroulement du chantier de NAVANG

Le chantier de NAVANG dans le district de HOUN au Laos est né du constat d’une absence totale d’eau courante dans le dispensaire. Alors que nous rencontrions le personnel de santé pour une formation, nous nous sommes aperçus que les soins qu’ils effectuaient se faisaient la plupart du temps sans eau et que les patients étaient reçus sans aucune garantie d’hygiène. Seules quelques bonbonnes d’eau achetées au marché voisin permettaient d’assurer le minimum.

Dans sa volonté de vouloir former des médecins, des sages-femmes ou des infirmières, l’association ne souhaite pas faire l’impasse sur l’environnement dans lequel travaillent ces personnels. D’où pour nous la nécessité de travailler sur deux axes : celui des compétences et celui de l’environnement.

Dire à nos collègues Lao que nous allons tout faire pour leur permettre de bénéficier de l’eau courante est quelque chose de délicat dans la mesure où nous ne savions pas si nous serions en capacité de tenir nos engagements. Pour autant, il nous a semblé qu’il était de notre devoir de le faire selon l’adage bien connu : s’il n’y a pas d’obligation de résultat, il doit au moins y avoir une obligation de moyens !


L’association étant essentiellement composée de personnes issues du milieu médico-social et médical, la question de l’obligation de moyens dans la mise en œuvre d’un chantier d’adduction d’eau nous a au début, laissé dubitatifs. Plusieurs questions se posaient à nous : questions techniques du genre captage ou forage et questions financières : comment financer ?


Sur le plan technique d’abord, il nous a fallu surmonter quelques incompréhensions. D’un côté, des experts français, très compétents, garants de normes validés et partisans du tout ou rien et de l’autres des entrepreneurs locaux flairant la bonne affaire et plus partisans de la débrouillardise que de la technicité.

Au début, nous avions pensé au forage mais après avoir consulté deux entreprises, cette solution n’a pas été retenue. La première entreprise, après nous avoir établi un devis sans se déplacer, nous a finalement avoué son incompétence et la deuxième nous a présenté un devis digne de la construction d’une autoroute... Techniquement le terrain étant apparu trop sablonneux, nous avons finalement retenu le captage, non pas à partir d’une source au débit jugé insuffisant mais à partir d’une rivière avec filtration de l’eau.


Sur le plan financier ensuite où il nous est apparu que nous n’aurions pas de recettes suffisantes pour financer un tel projet et que mise à part un hypothétique gain à la Française des Jeux, il nous fallait trouver des mécènes. Là aussi, nous nous sommes vite aperçus qu’il s’agissait d’un véritable travail demandant des compétences, des codes et des incontournables. Après quelques phases d’apprentissage et divers échecs, l’association CDC Solidarité (qui dépend de la Caisse des dépôts et consignations) a bien voulu nous faire confiance et nous a accordé la subvention principale. D’autres associations partenaires nous ont soutenu comme « Enfants d’Asie » et les « Kiwanis de Saint-Etienne » et bien entendu votre soutien et votre générosité ont fait le reste.


Le chantier d’adduction d’eau de NAVANG a donc débuté le lundi 22 février et s’est achevé le 20 mars. Exceptionnellement du fait de la fermeture des frontières, aucun bénévole de l’association n’a pu être présent sur place pour contrôler le bon déroulement du chantier. C’est donc à notre ami LY CHONGHEULY que nous avons confié cette tâche ainsi que celle de nous représenter officiellement.

Le chantier s’est déroulé en plusieurs phases. La distance entre le lieu de captage, le dispensaire et l’école, étant relativement importante, il nous a fallu d’abord obtenir l’autorisation de traverser les terrains des différents propriétaires concernés. La chose n’est pas aussi aisée que cela, même dans un pays où la solidarité est érigée en vertu cardinale !


Cette solidarité a cependant été portée avec force par les enfants et adolescents de l’école qui ont participé avec entrain au creusement des tranchées où sont enterrées les conduites d’eau. Ce ne fut pas une mince affaire et tous ces jeunes se doivent d’être remerciés. Ils sont une leçon pour leurs petits homologues occidentaux.



L’entreprise INDARA que nous avons retenue pour ce chantier (c’est celle qui a construit le dispensaire de NAMPHOUAN) a effectué toute la partie technique : les filtres d’assainissement de l’eau, l’électrification des pompes, la construction des tankers.


L’eau est maintenant au collège et au dispensaire et la première partie de ce projet vient de s’achever. Ce travail a été rendu possible grâce à un partenariat exemplaire où l’on retrouve donateurs individuels et institutionnels, jeunes du collège, soignants du dispensaire et quelques amis Lao qui nous ont aidé à dépasser quelques rituels bureaucratiques.

Quant à nous, bénévoles de l’association, nous avons beaucoup appris de ce chantier et cette expérience acquise nous sera très utile pour d’autres chantiers.

Reste la deuxième partie de ce projet qui est celle de la formation. Elle sera mise en œuvre dès qu’il nous sera possible de revenir au Laos. Nous espérons le faire à partir de la fin du mois de septembre. Avec nos intervenants spécialistes, nous interviendrons dans chaque classe du collège ainsi qu’auprès des patients et des personnels de santé du dispensaire pour les former à l’hygiène domestique et hospitalier. Une évaluation vous sera transmise au terme de ce projet.


Jean-Michel COURTOIS


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