Identité de genre et orientation sexuelle au Laos

L’identité de genre est un sujet de société prenant de plus en plus d’ampleur dans le monde, et faisant la une de nombreux journaux[1] ; notamment avec les mouvements « LGBTQIA+[2] » auxquels la psychiatrie commence à s’intéresser. L’abréviation « LGBTQIA+ » réunie la communauté Lesbienne, Gays, Bisexuels, Transgenres, Queers[3], Intersexes[4], Asexuels[5] et « les autres » (abréviation « + »).


Ces phénomènes, déjà complexes dans notre culture d’origine, sont-ils des faits de société au Laos ? Comment s’inscrivent-ils dans la culture locale ?


Commençons par quelques clarifications…


L’identité de genre se réfère à un sentiment auto-centré, et plus particulièrement au genre, féminin ou masculin, à laquelle s’identifie la personne[6]. En effet, le sexe de naissance est à différencier du genre. Lorsque l’un correspond à l’autre, on dit que la personne est « cisgenre ». L’identité de genre s’agit d’un sentiment profond, constitutif de l’identité. Les personnes dites « transgenres » sont celles ayant « une identité de genre différente du sexe assigné à la naissance »[7]. On nomme également cela la « transidentité ». Elle est à différencier du travestisme puisque ce dernier relève de l’adoption volontaire d’une apparence associée sociétalement, au sexe opposé du sien (vêtements, accessoires...). Enfin, on nomme les personnes « non binaires », celles dont « l'identité de genre ne s'inscrit pas dans la norme binaire, c'est-à-dire qui ne se ressentent ni homme, ni femme, mais entre les deux, un « mélange » des deux, ou aucun des deux »[8].


L’orientation sexuelle concerne un sentiment hétéro-centré, et désigne un « mode durable d'attirance sexuelle pour le sexe opposé[9], le même sexe[10], ou les deux sexes[11], et les genres qui vont avec. ». L’identité de genre est à différencier de l’orientation sexuelle. Par exemple, une personne biologiquement « homme » (de sexe masculin) s’identifiant à un genre « femme », ne sera pas nécessairement attiré sexuellement par un homme.


Mouvements LGBTQIA+ au Laos

Les mouvements LGBT au Laos sont en pleine expansion, mais encore très récents, puisque le premier rassemblement public date de 2012 à Vientiane (tandis que le premier date de 1970 en France[12]), par « Proud to be us », la seule association LGBT du Laos. Aussi, les subventions pour ces rassemblements et les actions menées dans le pays sont surtout données par des organismes ou Etats étrangers, tel que VOICE, qui est un mécanisme de subvention provenant du ministère des affaires étrangères des Pays-Bas.


Orientation sexuelle au Laos


Au Laos, le consentement sexuel est déterminé à 15 ans.[13] Il est culturellement admis qu’une femme ne doit pas avoir de vie sexuelle, ni même exprimer de désir sexuel avant le mariage. Au contraire, l’homme, dans la société hétéro-normative dans laquelle le pays du Laos s’inscrit, a des désirs sexuels qui, de manière naturelle, peuvent être assouvis bien avant le mariage. Un premier problème se pose : lorsque les femmes respectent les traditions religieuses et culturelles, réservant leur accès à la sexualité pour le mariage, comment l’homme peut-il assouvir ces désirs ?

Pour répondre à ce paradoxe, reste pour hommes et femmes à se marier tôt. Néanmoins, ce n’est pas toujours le cas, et il arrive fréquemment que l’homme au Laos, de manière secrète, explore sa sexualité, d’abord avec des prostituées ou travestis[14].


Concernant le mariage, il n’est légal qu’entre un homme et une femme ; bien que l’homosexualité soit autorisée, libre, depuis l’indépendance du Laos en 1954. Elle est cependant davantage cachée chez les locaux, mais pas moins répandue. En effet, d’après l’étude de Lyttelton (2008), 1 homme sur 5 (ni gay, ni travesti, voire même marié) reconnaît avoir couché avec un homme au moins une fois dans sa vie. Malgré cette légalité et cette fréquence des relations homosexuelles, il est relaté dans les études que les couples homosexuels ne bénéficient pas des mêmes protections sociales, notamment contre la discrimination, que les couples hétéros.


Identité de genre au Laos

Nous avons préalablement établi la différence entre les personnes « transgenres » et les personnes « non binaires ». Si en France, une transition de genre est associée à « un combat long et difficile »[15], elle est néanmoins possible. Au Laos, la légalité concernant la transition de genre ou de sexe n’est pas claire : officiellement, ces changements ne sont ni autorisés, ni interdits.