Carnet de bord : les premières impressions - par Grégoire, Service Civique

Dernière mise à jour : 1 févr.

Malgré un retour à la normale dans la plupart des pays du monde, le Laos reste extrêmement prudent face au Covid. De peur de la montée d’un énième variant, le Laos a presque complètement fermé ses frontières, laissant seulement arriver sur son territoire deux avions par mois. Arrivé à l’aéroport WATAY de Vientiane, les passagers sont testés puis escortés par des hommes en combinaison blanche jusqu’aux hôtels pour être confiné 14 jours.

Au 5ème jour, nous sommes sortis de notre confinement, grâce à l’intervention salvatrice de Phetsamone et de Anne qui ont intercédé en notre faveur auprès des différents ministères et autorités compétents.

De Vientiane, je n’ai pu visiter que le quartier de notre hôtel, la fontaine, les bords du Mékong et son marché de nuit, l’institut français et l' "Arc de triomphe". J’y ai vu une ville grandement touchée par l’épidémie de Covid. Les confinements et fermetures de frontières successifs depuis 2 ans ont complètement ravagé le secteur de la restauration et du tourisme. De nombreux commerces sont fermés ou à vendre, des chantiers de construction sont arrêtés - faute de moyens - laissant des squelettes d'immeubles abandonnés, des boutiques inachevées. L’économie de tourisme s’est reconvertie en une économie locale, de nombreux Lao ont fait preuve de résilience et d’innovation pour subvenir à leurs besoins en ouvrant des street food et des billetteries de loto par exemple.

Aujourd’hui il n’y a plus de touristes et les ‘Falang’ qui y vivaient sont pour la plus part rentrés dans leur pays d’origine. Falang, c’est le terme qu’employaient les Lao pour désigner les Français à l’époque du protectorat, aujourd’hui il désigne les blancs de manière générale. Je fus d’ailleurs agréablement surpris de constater l’influence française encore solidement attachée au pays, il m’est même apparu que les Lao avaient une assez bonne estime de nous. Ici les Lycées d’excellence sont bilingues franco-lao et les établissements officiels tels que les ministères ont leur nom écrit en Français. Mais la culture française n’est pas la seule à être prégnante. La Chine s’est largement installée au Laos, par sa diaspora et sa pénétration économique, l’empire du milieu étend ses routes de la soie dans ses anciens états tributaires. Les quartiers chinois se distinguent sensiblement du reste de la ville, le drapeau et l’esthétique rouge et or se retrouvent sur chaque stand, chaque commerce. Les Chinois ont même leur propre service de sécurité qui patrouille et maintient l’ordre dans leurs quartiers. Une vraie « mafia » disait Grand Ly à leurs égards.

Je fus frappé de voir le nombre impressionnant de débarras et de détritus qui jonchent les trottoirs. Les services d’entretien de la ville sont récents, et les Lao n’ont pas

encore systématisé une politique de propreté durable, faute de moyens. Je n’ai vu aucune poubelle verte et le recyclage est absent ; un camion poubelle passe, mais trop rarement et pas partout. En réalité, les choses s’améliorent à cet égard, il y a encore dix ans, c’étaient des charrettes qui passaient ramasser les ordures. Évidemment, le charme de la ville en est réduit, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas agréable de se promener ou de trouver les maisons jolies, les boutiques et les restaurants pittoresques. Le soir est particulièrement plaisant, les loupiotes des commerces éclairent faiblement la rue et donnent des allures de déco ‘Pinterest’, la température est douce et agréable. Le soir on prend son temps. Les gens dînent dehors, on sourit, on s’amuse, l’hospitalité et la gentillesse lao sont contagieuses.

Jean Michel a constaté la transformation de l’esplanade des bords du Mékong en un formidable marché de nuit. Ici on vend surtout des grillades, des grillades en tout genre : saucisse, poisson, encornet, poulet mais aussi des fruits exotiques, des pâtisseries et même des vins de fruit.

Je fus amusé par l’incroyable casse-tête de câbles électriques qui parcourent la ville. Des centaines de fils se mêlent et s’entremêlent, les oiseaux y font leur nid, les compteurs sont à l’extérieur, les piliers semblent crouler sous le poids de tout se mic- mac et des planches de bois rafistolent les structures.


***


Le Jeudi 27 Janvier nous prîmes la voiture de Vientiane pour aller à Luang Prabang. 7 heures de route à travers la campagne lao, ses montagnes, ses rizières. Un peu d’autoroute mais surtout de la nationale toute cabossée.

Les Chinois ont réalisé en deux ans une autoroute qui va de VIENTIANE à VAN VIENG, une ville touristique où les Australiennes déambulent librement seins nus sous leur tee-shirt. Sur l’autoroute, les frais sont dictés par le poids du véhicule et un camion d’entretien roule à 10 km sur la voie de gauche pour arroser le parterre de fleurs... Bopenyang ! Avant d’arriver au Laos je pensais bêtement que le pays était humide et tropical, c’est comme ça que j’imaginais le Vietnam en regardant des documentaires, donc ce devait aussi être le cas du Laos. J’ai découvert au contraire un pays extrêmement sec et aride en cette saison. La chaleur peut être étouffante en plein soleil de début d’après midi et la terre rouge et argileuse de l’arrière pays participe à cette impression.


Au Laos, les petites villes s’articulent le long des routes, les enfants jouent le long de la voie et les conducteurs de scooter ne portent pas de casque.

Nous avons fait une première escale dans un marché exotique où des eaux de vies peu ragoûtantes, des brochettes de crabe et du miel y étaient vendues. Ce marché d’habitude fort populaire pâti du manque de tourisme, de l’interdiction de circulation entre les provinces et bien sûr de la nouvelle voie ferrée inaugurée il y a un mois. Ce nouveau chemin de fer construit sur pilotis pour traverser les rizières et perçant les montagnes rejoint la Chine à Vientiane en passant par Venvieng et Luang Prabang. Cette formidable opportunité commerciale et économique se fait au détriment des villes et villages qui longent la nationale et profitent du passage des touristes pour commercer.

Luang Prabang est tout à fait différente de Vientiane, d’abord c’est une ville relativement petite, environ 50 000 Lao y vivent, ensuite l’architecture est tout à fait singulière, caractérisée par le style colonial français. La ville est propre, la municipalité y veille sérieusement afin de garder son statut de patrimoine mondial de l’UNESCO. Autrefois capital du protectorat Français, elle est aujourd’hui capital touristique du Laos, attirant des quatre coins du monde pour son charme et ses paysages à couper le souffle. Il y a pas moins de 500 hôtels à Luang Prabang.

En ce moment, il n’y a pas grand monde qui visite la ville, surtout des Lao et quelques Chinois. Tous se réunissent le soir sur la place principale pour dîner, un large choix de street food est proposé et des musiciens jouent sur l’esplanade centrale. Au Laos on mange bien et pour pas cher, l’art culinaire est relativement simple comparé à la cuisine thaï et vietnamienne, on mange des soupes, des nouilles, des brochettes et du riz, beaucoup de riz.






Grégoire LANDEL

31/01/2022

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